• Les questions à 2h du matin

    Des fois je me pose des questions.

    Mais je n'ose pas forcément en parler, parce que je parle mal déjà, et puis parce que mon esprit critique, même si il ne demande qu'à se développer, est actuellement proche du zéro absolu. Rien.

    Alors oui, je suis une personne immature. Je l'ai toujours su, de toute façon il suffit de me rappeler le moment où faire des jeux de rôles avec mes amis ne nous passionnait plus, mais où je continuais avec acharnement à faire comme "avant", avant cette espèce de cassure. Je l'ai ressentie très nettement d'ailleurs, cette "évolution" avait la forme d'une marche un peu haute qui fait battre le coeur très vite quand on la loupe, alors que finalement c'est pas si grave. Je n'arrivais plus à dormir, quelque chose avait changé, je le savais. C'est quelque chose dont je me souviens très clairement, et maintenant que j'y pense c'est peut-être normal, mais il faut que j'arrête avec mon obsession pour la normalité.

    Les questions à 2h du matin

    Des fois je me dis que ce qui serait intéressant, ce serait de faire un immense répertoire de la normalité, avec des millions d'études sur ce qui est normal donc. L'envie de tout mettre dans des cases m'obsède par la même occasion, parce que de la normalité normale pourrait naître plusieurs versions de la normalité, vous voyez ? Moi qui déteste les préjugés, et qui essaie de les combattre, c'est totalement inverse à ça. Parfois j'ai peur de ne vivre que par esprit de contradiction (d'ailleurs j'ai voté café chez chapo chapi), parce que j'aimerais briser cette vision de la normalité, mais on en revient à la question de la normalité. Je me torture avec ça, mais c'est un peu idiot. Si je le fais, c'est finalement pour essayer de me définir moi, mais c'est carrément égoïste. Maintenant même quand je dessine, mes personnages ont l'air pensif et ils pensent comme moi, je le sais. Et c'est horrible, parce que j'aimerais leur inventer une vie, mais que ça revient toujours à moi, comment est-ce que je réfléchis au fait ?

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    Mais revenons-en à l'immaturité donc.

    "Aussi bien, l'immaturité feinte ne peut être parfois que la preuve d'une maturité assez éclairée pour prendre du recul sur elle-même (ou bien juste une preuve d'immaturité, dépend sur quel échelon de l'échelle on est)."

    ça vient d'un article de Chapo Chapi qui réfléchit, elle (du coup elle a interdiction de poster quelque chose ici)

    J'avais lu ça il y a un moment, quand on étudiait Caligula en cours. Le metteur en scène avait donné un sens à la pièce, celui de montrer que Caligula est le résultat de la société : une société perverse et pleine de magouilles pour faire simple, et qui l'a transformé en monstre quand il en a eu conscience. Et j'aimais bien cette définition de l'enfant qui définis assez bien ce que j'aime et que je veux garder de l'enfance. Il y a des choses qu'on doit laisser à l'enfance, et des choses à garder toute sa vie selon moi. Des fois ça me fait assez mal de me dire que penser comme ça ne fait que retarder une désillusion inévitable, je m'y accroche cependant, au risque d'être extrêmement immature sur bien des sujets. On dirait une réflexion un peu idéaliste dans le sens où la définition de l'enfance pourrait être qu'elle n'est pas encore dotée des mauvaises influences, et donc que sauver ce côté enfantin serait devenir un espèce d'idéal d'objectivité, de volontariat, de gentillesse, bref ce côté bisounours qui est en nous (en m'appuyant sur la revue du test des 16 personnalités qu'on m'a filé :')

    "Je veux rencontrer ces personnages en quête de l'impossible... A la poursuite infinie de leurs rêves, au dépassement sans limite d'eux mêmes... Chez les enfants, la perception de la vie est infinie. Les rêves sont possibles...

    La société, les normes, la peur du regard des autres, le calcul politique, les arrangements, le mensonge déguisé violentent les rêves de l'enfant. L'enfant est alors cassé, déchu, floué. La violence de Caligula nait de cette compréhension qu'il a du monde. La responsabilité est collective de rendre le génie horrible. Les enfants déchus peuvent devenir des monstres en puissance."

    Note d'intention d'Emmanuel Ray (metteur en scène de Caligula en 2014)

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    Mais la fatalité que je ressent dans ce passage ne me plaît pas forcément non plus, peut-être que je suis idéaliste, mais nous ne sommes pas condamnés à être des résultats de la société. Dire que je suis humaniste est un bien grand mot, mais je crois en l'humanité et à sa capacité à briser cette fatalité. J'aimerais bien que chacun ait la possibilité, s'il se pose la question, de découvrir ce qui se fait ailleurs pour avoir d'autres possibilités en tête, voire en inventer pour envoyer se faire voire l'impossible, ou justement le réaliser, ce qui lui aura donné raison d'y croire comme un enfant. J'aurais bien aimé pouvoir choisir ce que je veux être en ayant plus de cartes en main, mais je vais forger ce que je suis avec ce que je vais vivre, ce qui implique le fait que je me trompes de chemin un bon paquet de fois (tient, le fait de poster cet article par exemple).

    Des fois je me prend entrain de penser à ce que je demanderais au génie de la lampe magique si il me proposait d'exaucer 3 de mes voeux, et même quand je le pense consciemment, je continue à réfléchir un moment avant de me dire que ça n'arrivera probablement jamais. Avec toujours la dimension"Et si", parce que j'y crois encore un tout petit peu si pense à la dimension divine de la chose.

    Mais c'est cool quand même 3 voeux. Ce sont les pensées des 2h du mat', du coup quand je lirai ça demain matin je vais probablement m'arracher les cheveux . Rhaaaa, pourquoi j'écris bordel. Quelqu'un va me dire que tout ce que je dis est une évidence bien connue puisque ceci engendre cela, ou au contraire va me dire que c'est complètement con en pointant toutes les coquilles du doigt. Mais ne vous prenez pas trop au sérieux hein, ce sont justes les pensées de la nuit, avec toute la mélancolie qui va avec, le tout par une fille sans esprit critique, sans références, et centrée sur elle-même, y'a pas vraiment de gloire à ça .___.

    Il me faut plus de culture, plus de connaissances.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 5 Mars 2017 à 10:15

    Tiens ce genre de réflexion pourrai amener certains (je ne citerai pas de nom par respect) à se bouger le cul et rapporter leur avis; bref c'est pas clair ce que je viens de dire mais j'espère que ça partira pas en débat cacahuète (sauf si ça ne te dérange pas)

    Bon déjà si tu te retrouve dans tes personnages (et vice-versa), c'est pas entièrement choquant, parce qu'il est dit qu'il y a toujours une part de soi même dans nos créations (et j'entends par là n'importe quel type, pas que les dessins). Donc peut être que ça te dérange parce que tu aimerai qu'ils se détachent de cette partie là d'eux même, alors dans ce cas si tu dois te focaliser sur ça avant d'améliorer l'aspect visuel, etc... Ben fais le, on est qui pour t'en empêcher .__.

    Ensuite quand tu cite l'exemple de Caligula, je voulais dire que c'est nos contact, les gens qui nous entourent, etc... Qui forge ce que nous sommes. Eh ouais c'est triste à dire mais bon, si on veut éviter ça, autant aller vivre seul dans une grotte mais qui dit que ça nous forgera mieux, quand justement on peut s'enrichir par toute la culture qui nous entoure surtout à l'heure actuelle, c'est pas la mer à boire d'élargir sa culture hein. Donc la solution de l'ermite ou de la carapace ça aide pas

    Bon ben c'était l'avis à la con de quelqu'un qui tout autant ne sait pas argumenter ou du moins n'a pas de discours structuré, et qu'à aussi ce bon gros esprit contradictoire par moment .__.

    (PS: J'ai pas chercher à démolir ce que tu as posté, comme t'as pu le lire, je postait juste ce que je pense vis à vis du sujet)

    2
    Dimanche 5 Mars 2017 à 11:22

    Alors, oui pour le coup cet aspect de mes personnages me dérange, mais je suis tellement obnubilée par le sujet que je n'arrive pas forcément à... passer outre ? Bref, évidemment que vous n'êtes rien pour m'empêcher de changer ça, c'est plus que je n'arrive pas à la changer moi même. ça me rappelle juste qu'avant j'en avais pas grand chose à faire que mes personnages me ressemblent ou pas, et que maintenant m'en détacher me semble difficile .__.

    Je voulais surtout pointer du doigt le fait que la société, si elle nous change, ne nous transforme pas forcément en monstre. J'veux dire, y'a des choses bien dans l'humanité, dommage de ne se fier qu'à ça. Et puis la société nous change, mais sauvegarder les rêves et le goût de l'impossible de quand on avait pas vraiment conscience du monde qui nous entoure me semble un défi à relever, et je trouvais cette réflexion plutôt intéressante (dans le sens qu'est-ce qu'on doit surmonter, qu'est-ce qu'on doit garder).

    L'esprit contradictoire :') T'es pas rendu avec moi dans ce cas

    (Nan mais si, tu viens de donner ton avis, tu mérites la potence u__u)

    3
    Dimanche 5 Mars 2017 à 12:04

    J'ai envie de commenter, mais j'ai une mémoire aussi efficace qu'une personne souffrant d'Alzheimer, donc avec les brides qui me reste de l'article, je vais essayer d'en dire quelque chose. x)

    Pour la première partie, tu te poses pas mal de question sur la normalité, ce que c'est, que ça serait bien qu'on en établisse une réelle définition avec toutes les caractéristiques listées (finalement, ça reviendrait à ça toutes les études..etc). Mais la normalité n'existe pas en tant que telle. Chaque société, chaque culture présente ses normes sociales et le fait de les respecter ou non te définira comme "normale" ou "anormale" aux yeux de la société dans laquelle tu te trouves. Mais même en se centrant sur une seule société (la notre, admettons), il n'y a pas une liste de chose qui nous permettrait de définir totalement la normalité, vu que tout le monde est différent suivant ses expériences, son éducation, sa façon de penser et sa vision des choses. Finalement, on peut dire que les normes existent, pour que les personnes sachent comment se comporter et savoir ce qui est admis et inacceptable, pour imposer des règles si on veut, mais la normalité est est subjective, et n'existera jamais. Ca sera une notion vers laquelle on voudra tous tendre, parce qu'on ne veut pas être exclu, et pourtant on essaye de se différencier des autres coûte que coûte.

    Du coup, se poser des questions là dessus, suivant l'âge que tu as, c'est "normal" (si je peux dire ça comme ça xD), c'est important de se poser ce genre de question pour savoir qui on veut être finalement. Mais plus tard,  tu verras qu'il n'y a pas besoin de se torturer. Personne n'entre réellement dans une case non plus. Parce que même un groupe d'individu, de loin, on pourrait croire qu'ils sont tous pareil, mais en leur parlant individuellement on se rend compte qu'ils sont tous extrêmement différents.

    Après tu as parlé de tes dessins, qu'ils pensaient comme toi, et jesaisplusquoi : en gros ça revient toujours à toi. Et c'est aussi "normal" (c'est fou hein, on utilise beaucoup ce mot, pas étonnant qu'on se pose pas mal de question après), ou plutôt naturel. Quand on dessine, quand on écrit, enfin quand on s'exprime de façon général quelle que soit la méthode utilisé, on parle toujours de nous en fait. Même si on ne s'en rend pas compte, si tu le sais, c'est que c'est conscient et quand tu ne t'en rends pas compte, c'est ton inconscient qui prend le relaie. Ce n'est pas vraiment égocentrique, c'est l'esprit humain qui est comme ça.

     

    Je répondrais pas à la partie sur l'enfance, parce que j'ai pas grand chose à dire et que j'ai déjà beaucoup parlé. Je viens de me réveiller, donc si tout ce que j'ai dis répète ce que tu as dis : désolé x)

    4
    Dimanche 5 Mars 2017 à 12:23

    Je vais avoir du mal à te répondre aussi, ce ne sont que des petites pensées comme ça, je suis beaucoup trop inexpérimentée sur le sujet (d'ailleurs j'oublie tellement de choses là dedans, et les choses exposées sont extrêmement mal dites ^^")

    "Personne n'entre réellement dans une case non plus." C'est totalement vrai, et j'en suis partiellement consciente. Du coup les cases, c'est un peu un moyen pour moi de simplifier la définition de ce que je suis, en partant de notre société, voir comment les gens arrivent à ce qu'ils sont. Mais j'ai le projet de commencer à lire quelques trucs sur le sujet, ça doit être assez ridicule de lire ce que j'écris pour l'instant ^^" J'ai conscience qu'il n'existe pas de normalité, mais je suppose que comme tu le dis il est normal de se poser des questions sur la normalité (rien que se demander toujours si ceci ou cela est "normal ou pas. Mais normal à propos de quoi, par rapport aux gens de mon âge, par rapport à etc...)

    "Ce n'est pas vraiment égocentrique, c'est l'esprit humain qui est comme ça." Bon, tu me rassures un peu. Désolé de donner une réponse aussi courte, je suis tellement peu renseignée sur le sujet >.<

    5
    Dimanche 5 Mars 2017 à 19:03

    Toutes les personnes matures se posent des questions, c'est un sine qua non. En partant de là, t'as l'air d'être soit mature sans le savoir, soit sur la bonne voie... Parce qu'on ne peut pas être mature sans être nostalgique, sans vouloir rester enfant, sans vouloir avoir un génie magique. On n'est mature que lorsqu'on est immature, qu'on est nostalgique, qu'on ne veut pas avancer, qu'on veut un génie magique... Qu'on fait avec. Qu'on passe outre; Autrement, ça n'aurait plus aucune signification d'être mature. La maturité nécessite maturation, et par conséquent, temps. Temps pour les réflexions, les questions, les doutes... Comme les fruits, nul n'arrive mature sur Terre. On commence tous par être des petits bourgeons verts dégueus.

    (Bon, et après... On finit par comprendre que cette notion de maturité ne veut rien dire, que la maturité, ce sera toujours la qualité des autres et jamais de soi-même.)

    (Oui, pardon, je devais pas commenter >_> Mais c'est un très bel article en tous cas.)

     

    Owh, et : moi aussi je fantasme sur les trois voeux du génie. (Et après j'abandonne, parce que j'ai pas assez confiance en lui pour qu'il réalise pas mes voeux en m'arnaquant et en me le faisant regretter.) Et moi aussi je me sens pas normale. Même en sortant de la douche, j'ai l'impression que je suis une chose malpropre face aux autres. Et moi aussi, je passe mon temps à regretter la "bonne vieille époque", alors même que je sais que déjà à cette époque je fantasmais sur la "bonne vieille époque" qui la précédait. Et moi aussi tout-tout-tout. C'est normal, okay ? :')

      • Dimanche 5 Mars 2017 à 19:25

        J'ai vu que tu avais commenté et mon coeur battait hyper vite, un jour j'aurai une attaque é__è Merci pour tes beles phrases que j'ai pu coller dans mon article, et merci pour toutes les références et les conseils que tu m'a donné (il n'existe pas de smiley pour exprimer ma gratitude, mais j'allais pas finir par un pauvre point é__è)

        "On commence tous par être des petits bourgeons verts dégueus." J'essaierai de replacer ça coûte que coûte dans une de mes rédactions/dissertations/commentaires :') Bon, plus sérieusement. "Mais c'est un très bel article en tous cas" Tu viens de m'ôter un poids que j'ai depuis ce matin, parce qu'à 2h, le lendemain matin il existait pas encore donc je ne me projetais pas encore dans ce futur lointain, et ce matin j'ai réalisé 0:

        Si c'est normal alors je vais essayer d'arrêter de me torturer avec ça o/ Après réflexion merci d'avoir commenté... ^^

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